Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Appel à communications "Cinéma et sérialité". Colloque SERCIA. Septembre 2016

22ème Congrès SERCIA, les 8, 9 et 10 septembre 2016

Contact : Ariane Hudelet

La Société d’Etudes et de Recherche sur le Cinéma Anglophone réunit des chercheurs français et internationaux afin de promouvoir la recherche et l’enseignement dans le domaine du cinéma anglophone. Elle publie une sélection d’articles issus des colloques SERCIA dans des ouvrages collectifs. 

La nature du cinéma est étroitement liée à la notion de série. C’est par la succession d’une série d’images fixes qu’apparaît le mouvement dans les premières inventions comme le zoetrope, puis dans les appareils des frères Lumière ou de Thomas Edison. Alors que le récit cinématographique se complexifie, certains films choisissent de se décliner sous forme d’épisodes que les spectateurs sont encouragés à suivre, comme The Perils of Pauline (1914) ouThe Exploits of Elaine (1914). Le plaisir de suivre une histoire sur plusieurs heures, et de retrouver des personnages après une interruption plus ou moins longue, construit un sentiment de familiarité et d’attachement accru, que le cinéma continue de cultiver tout au long de son histoire. Aujourd’hui, la forme sérielle semble dominante culturellement et économiquement, tout autant associée à la télévision, voire à la « post-télévision » avec les productions de Netflix ou Amazon Prime, qu’au cinéma commercial où règnent les franchises, les sequels, prequels etremakes. 

Ce colloque de la Sercia se propose d’explorer les liens entre la forme filmique et la sérialité au sens large. Les communications pourront par exemple s’attacher à une définition de la sérialité, à la manière dont cette dernière s’articule à la question du genre, ou aux notions de corpus ou de cycles. L’approche du cinéma par la sérialité permet aussi de replacer le cinéma dans une histoire des représentations plus large : quels liens peut-on tisser avec la sérialité à l’œuvre dans les arts graphiques (retables, fresques, gravures, bandes-dessinées, romans graphiques), ou avec celle du roman feuilleton du XIXè siècle par exemple ? Comment expliquer que, culturellement, la série soit souvent associée aux formes populaires, voire aux « mauvais genres » : polar, animation, comics, horreur, science fiction (dès les premiers serials comme Flash Gordon)? 

Le lien entre cinéma et séries conduit logiquement à considérer la manière dont la forme filmique « déborde » des limites traditionnelles du cinéma. Les séries télévisées sont aujourd’hui souvent perçues comme un prolongement logique du cinéma, que de nombreux auteurs (comme Steven Soderbergh par exemple) privilégient désormais. La frontière entre cinéma et séries télévisées semble s’effacer, avec des modes de production et de réception qui se rejoignent, des réalisateurs et acteurs qui passent de l’un à l’autre, des hiérarchies culturelles qui se redistribuent peu à peu. Le rôle des communautés de fans s’accroît, et les histoires se déclinent de plus en plus sous de multiples formes transmédiatiques – film, série, jeux vidéos, réalité alternée  – qui complexifient encore la notion de série et posent la question de l’unité ou de la fragmentation des œuvres aujourd’hui. 

Conférenciers invités : Scott Higgins (Wesleyan University), Samuel Chambers (Johns Hopkins University)

Pistes d’analyse : 

- Histoire de la sérialité au cinéma / à la télévision

- Sérialité et esthétique cinématographique (l’interruption et la reprise, conventions et innovations)

- Narration et sérialité (personnages, constructions narratives, spécificités du temps long au cinéma, à la télévision)

- Sérialité et genres (série et « mauvais genres » : cinéma d’horreur, science fiction, animation, superhéros / le jeu avec les genres que permet la durée et la complexité narrative de la série)

- Enjeux économiques et industriels de la sérialité (des serials des premiers temps aux franchises hollywoodiennes du XXIè siècle en passant par les distinctions entre séries des networks, du câble, des sites de VOD…)

- Sérialité et adaptation (adaptation de personnages récurrents / de cycles de romans à succès – Philip Marlowe, James Bond, etc, adaptation d’une série en film comme Charlie’s Angels, d’un film en série comme Twelve Monkeys, de comic books comme Batman, Spiderman ou Watchmen, de jeux vidéo).

- Cinéma et séries télévisées (influences réciproques / concurrences / phénomènes d’intertextualité – citation, emprunt, entre séries télévisées et cinéma. Les séries Netflix ou Amazon Prime sont-elles encore de la télévision ? Comment aborder certaines franchises, comme Marvel ou StarWars, qui comprennent, entre autres, des œuvres cinématographiques et télévisuelles ?)

- Sérialité et réception (processus d’attachement, d’appropriation, voire d’addiction, modes de réception permis par les nouvelles technologies ; comment les fans fictions s’intègrent-elles dans la sérialité ?)

- Sérialité et auteurs (La notion d’auteur se dilue-t-elle dans la sérialité ? Ou en ressort-elle renforcée, comme on le voit dans un certain culture du « showrunner » aujourd’hui ? Comment vision d’auteur et création collaborative se coordonnent-elles dans les séries télévisées ou les franchises ? Que permet la sérialité pour des auteurs qui naviguent entre plusieurs formes comme Scorsese, Van Sant, Whedon, Abrams ? Où se situe « l’auteurité », entre mise en scène et scénario ?)


Les propositions de communication sont à envoyer à sercia2016@gmail.com avant le 15 février 2016 (notice biographique de 150 mots maximum, abstract de 500 mots maximum).



Directrice :

Jacqueline Nacache 

jacqueline.nacache@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 773 C

Tél : 01 57 27 54 65


Assistante :


Claude Zelawski

cerilac4410@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 777 C

Tél : 01 57 27 64 40


Site web :


Jean-François Jadaud

jadaud@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 772 C

Tél : 01 57 27 63 44