Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Appel à contributions "Les ateliers d'écriture et l'Oulipo". Colloque 17 et 18 mai 2018. Date limite 31 décembre 2017
Colloque prévu 17 et 18 mai 2018


Comité d'organisation : Cécile de Bary (Université Paris Diderot/CERILAC) et Alain Schaffner (Université Paris 3/UMR Thalim)


Les pratiques oulipiennes sont couramment associées aux ateliers d'écriture. L'ouvrage classique d'Anne Roche, Andrée Guignet et Nicole Voltz (1989) mentionne ainsi de manière insistante les contraintes portées par le groupe. Quant à La Petite Fabrique de littérature (1984), source d'inspiration majeure pour de nombreux animateurs, elle met en avant de nombreux textes d'oulipiens, mais aussi de "plagiaires par anticipation", repérés par eux. Il est arrivé à ces derniers, pourtant, d'exprimer certaines réticences à l'égard d'une telle assimilation. Les contraintes, de fait, étaient censées, dans l'esprit des fondateurs, s'adresser aux écrivains seulement. Dès lors, on peut considérer que l'animation d'ateliers d'écriture par l'Oulipo, de Royaumont à Bourges, en passant par Villeneuve-lès-Avignon, constitue une inflexion, qui irait de pair avec les lectures publiques, qui débutent dans les mêmes années - et qui ferait suite à l'assimilation par les pédagogues de ses outils, après la publication de La Littérature potentielle, en 1973. Dans cette perspective, il conviendrait de cerner cette inflexion, qui expliquerait certaines spécificités de la réception de ce groupe, qui passe notamment par la liste Oulipo (liste permettant l'échange d'informations littéraires, mais surtout de créations émanant de non-oulipiens s'essayant aux contraintes).

A l'inverse, on pourrait s'interroger sur ce que l'Oulipo a apporté aux ateliers, à l'égard en particulier des oppositions structurant les années 1970 - les uns mettant davantage l'accent sur le texte et sa matérialité, les autres plutôt sur la subjectivité et son expression - oppositions encore vives en 1983, lors du colloque de Cerisy dirigé par Claudette Oriol-Boyer. Plus généralement, quel bénéfice les ateliers tirent-ils de la contrainte? En quoi, par exemple, facilite-t-elle l'écriture, comme on le dit souvent? Et quels types de production suscite-t-elle? Les oulipiens eux-mêmes différencient les oeuvres (oulipiennes ou non) et les illustrations de contraintes, simples exercices,, souvent ludiques, lus notamment lors des jeudis de l'Oulipo - et objets, peut-être, des ateliers. On retrouverait dès lors une autre ligne de partage, celle qui a longtemps opposé les creative writings anglo-saxons (destinés à former des écrivains) aux ateliers français souvent plus modestes (comme le montrent certaines précautions présentes au début de L'Atelier d'écriture, de Roche, Guignet et Voltz).

Aujourd'hui, alors que les oulipiens revendiquent moins la contrainte, s'autorisant à en réduire la portée grâce au clinamen (comme l'a montré Jean-Jacques Thomas), et mettant davantage en avant une culture de groupe, à travers des réécritures comme C'est un métier d'homme (2010) ou Le Voyage d' hiver & ses suites (2013), leur influence sur les ateliers se maintient-elle? Celle-ci représente-t-elle une tendance, dont se réclamerait dès lors au moins Zazie mode d'emploi, et si oui, laquelle? Qu'implique le fait d'utiliser cette référence, ou de ne pas l'utiliser?

Les propositions attendues lors de cette journée d'étude sont donc diverses, permettant autant de dessiner les croisements historiques entre ces deux mouvements que certaines de leurs actualisations spécifiques. Les communications peuvent évoquer des pays étrangers, et leurs spécificités à l'égard du cas français. L'exemple nord-américain, déjà évoqué, est ainsi particulièrement intéressant, d'autant que la réception américaines d'auteurs comme Queneau, Perec ou Roubaud passe aujourd'hui assez largement par les creative writings. Mais on retrouve des convergences semblables dans d'autres pays, ainsi de l'Italie, où Italo Calvino a ait paraître une critique élogieuse de La Grammaire de l'imagination de Gianni Rodari (1973), lors de sa réédition en 1982.


Les propositions d'intervention devront être envoyées avant le 31 décembre 2017 à Cécile de Bary. Elles comporteront un résumé de 5000 signes au maximum, ainsi qu'une notice bio-bibliographique.



Directrice :

Jacqueline Nacache 

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