Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Axes de recherche
Décentrements lyriques.
Ecrire et penser avec l'histoire
Intermédialité (EMOI - Esthétique, Médias/Musique, Oralité, Image)
Littérature et sciences humaines de l'Antiquité aux Lumières (Thélème)
Pensée et création contemporaines
SciEnS. Représentations et pratiques des sciences, de l'environnement et des savoirs contemporains.
Littérature, histoire, politique
dir. Catherine Coquio

Ce programme transversal, interdisciplinaire et comparatiste est conçu en relation avec l’activité éditoriale de la collection transversale « Littérature, histoire, politique » créée aux Editions Garnier par Catherine Coquio en 2011 et animée avec Emmanuel Bouju et Lucie Campos.

Dans le domaine de la connaissance historique on voit se développer fortement deux courants parallèles : d’un côté la « micro-histoire » (inégalement inspirée des travaux de C. Ginzburg), de l’autre « l’histoire mondiale » ou « globale », qui, après la déferlante américaine, s’acclimate en Europe à la manière des études post-coloniales dix ans plus tôt : la question de « l’échelle » semble être devenue décisive pour les historiens, engendrant une dialectique entre le « local » et le « global » qui fait reprendre autrement le récit de tel phénomène ou événement, en diversifiant les sources et variant les points de vue, en faisant alterner le gros plan et le grand angle, le détail et le panorama.
La littérature, parce qu’elle traverse plus que jamais les frontières, n’échappe pas à cette question du changement d’échelle ; mais cette dialectique s’y présente autrement, chaque œuvre s’élaborant à partir d’une langue et d’un lieu particuliers, ou d’une expérience de passage ou de déplacement – exil ou migration, bilinguisme…- qui, pour beaucoup, modifie les manières d’habiter et d’appartenir.
Les débats critiques relatifs à l’idée déjà ancienne de « littérature mondiale » (Goethe) et de « philologie mondiale » (E. Auerbach), reformulée dans la « world littérature » ou la « littérature-monde », interrogent forcément la relation du « local » au « mondial » à travers les œuvres. Or celles-ci sont autant de points de rencontre ou de conflits entre des mondes particuliers et partagés. C’est à travers ce pluriel et ce partage qu’une œuvre gagne sa teneur politique propre, qui lui fait formuler une certaine protestation contre l’abstraction et l’universel – ou aujourd’hui la « globalisation » comme gouvernance mondiale et uniformisation des vies.

On se posera à partir de là plusieurs questions spécifiques :
- Existe-t-il un « monde » plutôt que des mondes irréductibles ? Que doit-il à la littérature et à l’art, à la différence des langues, à la particularité des histoires, à l’unicité des œuvres ?
- Qu’en est-il de la relation du local au mondial lorsqu’il faut penser les rapports entre art ou littérature et histoire, et leur caractère politique ?
- Lorsque « l’Histoire » devient une force d’aliénation ou d’écrasement dont il faut se sauver ou s’affranchir, quand par elle un lieu de vie se mue en lieu de mort ou d’enfermement, de quel secours devient l’idée de « monde » ? Une telle expérience infléchit-elle la politique du particulier propre à l’art ?
- Lorsque la violence politique ou économique produit une rupture anthropologique, qu’en est-il des mondes et du monde ? L’art ou la littérature a-t-il la mission et le pouvoir de refaire exister un monde ?
- S’il existe un « monde » particulier par ou pour la littérature ou l’art, quel sens politique peut-il avoir aujourd’hui? Qui proteste en littérature contre l’universel de la « globalisation », de qui a-t-il le pouvoir de se faire entendre et comprendre ?
- Quel sens a aujourd’hui la phrase de Hannah Arendt : "Les seuls à croire au monde sont les artistes. La persistance de l'oeuvre d'art reflète le caractère persistant du monde..." ?

    Archives
    Témoigner sur la Shoah en URSS.
    Ecrire et penser avec l’histoire : à quelle échelle ? Le local et le mondial. Table-ronde
    Ecrire et penser avec l'histoire à l'échelle du "monde" ? Séminaire mensuel (Année 2013-2014)
    Imre Kertész : éthique du récit et forme d’existence.
    L’Europe désorientée ou "sexy"? Questions sur l'Europe littéraire après l'Ouest et l'Est.  10 et 11 juin 2014
    Ecrire et penser avec l'histoire à l'échelle du "monde" ? Séminaire mensuel (Année 2014-2015)
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