Écrire l’histoire, la raconter, la peindre, la filmer, la jouer, la chanter, ou encore la figurer, défigurer, configurer, reconfigurer - et ainsi toujours la penser, la repenser dans la manière dont elle s’écrit. S’écrivant, elle réengage à chaque fois la question de son sens, mais aussi de ses domaines. Soit ce qui est avéré, ce qui est « effectivement arrivé », comme disent avec Ranke les historiens positivistes, mais encore ce que les représentations du passé intègrent, reconnaissent comme des objets possibles, légitimes, découpant ainsi dans le champ infini de la réalité les frontières, à chaque moment réinterrogées, de ce qu’on nomme l’histoire.
La revue Écrire l’histoire entend être ainsi un espace de confluences des histoires de l’histoire, des historiographies, mais aussi de toutes les pratiques symboliques qui, se reconnaissant le droit de le faire, prennent l’histoire pour matériau. Elle a pour ambition de faire se rencontrer des manières de représenter l’histoire d’ici ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’autrefois ; des manières aussi de se servir de l’histoire, des fonctions et des usages, à un moment où, plus que jamais peut-être, dans la société obsédée de patrimoine et de mémoire qui est la nôtre, ces fonctions et ces usages demandent à être réfléchis. Et puis aussi, elle veut être le lieu de rencontre, et d’interrogations réciproques, de ces autres domaines que sont les disciplines - Histoire, Littérature, Esthétique - trop souvent encore enfermées en elles-mêmes, et sachant peu travailler ensemble. Bref, un espace de dialogues, de passages, et de traductions, pour se saisir de l’histoire dans son « incurable diversité » (K. Pomian), et dans son devenir.
La revue, fondée en 2008 aux éditions Gaussen, a d’abord publié deux numéros par an sur des questions constituant un dossier principal et un dossier secondaire. À partir de 2014, année de son passage aux éditions du CNRS, elle devient une publication annuelle. On retrouvera dans ce volume unique, autour d’un sujet principal, entretiens traductions, lectures, ainsi qu’une bibliographie de l’actualité historiographique. Le dossier principal - c’est l’autre nouveauté - est désormais suivi d’un ensemble de textes courts traitant de débats actuels sur l’histoire ou de figurations récentes de l’histoire dans les domaines artistiques, culturels et littéraires.


Directrices de la publication : Claude Millet et Paule Petitier

Secrétaire de rédaction : Maryelle Magret