Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
L'épreuve polémique : les écrits de guerre comme laboratoire esthétique au XX ème siècle. 6 février 2015
Journée d'études organisée par Hélène Baty-Delalande, (Université Paris Diderot/ CERILAC)  et Maxime Decout (Université Lille 3)
Vendredi 6 février 2015.

Lieu :
Université de Lille 3


Descriptif :
En temps de guerre, une forme d’urgence saisit l’écrivain, combattant ou non : se taire, persister dans son œuvre, se tourner vers une écriture de circonstance, éventuellement militante, souvent risquée ? Dans tous les cas, l’événement redéfinit les enjeux même de l’écriture comme geste et comme engagement. On a souvent négligé l’importance des écrits les plus polémiques, au sens le plus fort du terme, ceux qui disent la guerre, qui prennent forme et sens dans la guerre, avec les atours attendus de la propagande ou les élans spontanés de la révolte. Ces textes fortement contraints par l’événement historique semblent rompre avec l’œuvre littéraire antérieure, et déploient une rhétorique propre pour manifester avec éclat la force d’une présence au monde, parfois avec enthousiasme, parfois avec regret, mais rarement sans un certain déchirement. Conjuguant le libre-arbitre et l’aliénation de la plume, vécue à la fois comme un envoûtement et un renoncement, cette conversion au politique revêt aussi les apparences d’une déconversion littéraire. Les écrits de guerre ne doivent pas seulement être lus comme une parenthèse militante ou un arraisonnement momentané de l’écriture à des circonstances qui l’exigent. En guerre avec lui-même comme avec le monde, l’écrivain s’ouvre pourtant à d’autres possibles. Malgré les ambivalences de sa position, l’écriture militante peut être analysée comme une étape clef dans la formation de l’œuvre, un creuset où s’essayent et se modulent, s’infléchissent et se réfléchissent des postures, des gestes et des formes. C’est lorsque l’écriture de la guerre, qui est toujours une lutte avec elle-même, ses possibles et ses limites, se creuse, s’éraille ou s’enraye, que l’écrivain s’engage dans des bifurcations qui pourront être essentielles, dans des impasses aussi, mais où toujours la forme et la pensée s’éprouvent. Ce sont ces zones ténues et incertaines au sein des grandes crises de l’Histoire, ces infléchissements exhibés ou souterrains, ces cadences majeures ou mineures où la littérature s’affronte en affrontant le monde, qui nous révèlent aussi les soubassements d’une esthétique et d’une éthique de la littérature. Au-delà de la réaction immédiate, éventuellement militante et risquée à l’urgence historique, de nouvelles lignes de force, un nouveau style, de nouvelles inflexions de voix peuvent se dessiner dans les écrits de guerre : il s’agira ici d’en restituer la puissance d’ébranlement, ou, plus souvent, de déceler les modulations nouvelles qui y affleurent.

Matin
Président de séance : Maxime Decout (Université Lille 3)

9H30 Accueil
10H Philippe Roussin (CNRS), « Qu’est-ce qu’une crise du langage ? »
10H30 Laurent Jenny (Université de Genève), « Sartre et la guerre »
11H Pause
11H30 Eric Hoppenot (ESPE de Paris), « “On aperçoit soudain la guerre qui vient” : Maurice Blanchot, écriture journalistique et apocalyptique en 1937 »
12H Hélène Baty-Delalande (Université Paris-Diderot), « Silences de Paulhan »

Après-midi
Président de séance : Dominique Rabaté (Université Paris-Diderot)

14H Nathalie Piégay-Gros (Université Paris-Diderot), « Aragon : le troubadour, le chantre et le tribun »
14H30 Laurent Zimmermann (Université Paris-Diderot), « La mémoire libre de la poésie »
15h Pause
15H30 Jean-François Louette (Université Paris IV- Sorbonne) : « Le Sursis, ni roman historique ni récit journalistique »
Discussions et clôture de la journée

Publications


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Assistante :


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