Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Écrire et penser avec l'histoire à l'échelle du "monde" ? Séminaire (Année 2015-2016)

Ce séminaire transversal vise à mettre en relation trois pôles distincts de la réflexion contemporaine : le régime de la mondialité, l’écriture de l’histoire, la teneur politique de l’art. Le séminaire est conçu comme un lieu de discussions autour de travaux parus et recherches en cours. Tout en se donnant la liberté de composer à partir du présent et des circonstances éditoriales, et de passer d’une discipline à une autre, on poursuivra un questionnement spécifique, portant sur la teneur politique de la création artistique et littéraire aux prises avec l’histoire collective à penser à l’échelle mondiale – celle-ci étant elle-même soumise à un questionnement critique (voir ci-dessous l'argumentaire). 


Cette année, le séminaire fonctionnera en partenariat avec le Cinéma de midi de la BnF (octobre-décembre), la revue Po&sie (16 février), le CinéDiderot (5 mai) et l’axe Émoi du CERILAC (10 mai). 

Programme

Argument du cycle 2013-2016


Dans le domaine en mutation accélérée de la connaissance historique, on voit se développer d’un côté la « micro-histoire », de l’autre « l’histoire mondiale » ou « globale », qui, après la déferlante américaine, s’acclimate en Europe à la manière des études post-coloniales dix ans plus tôt : la question de « l’échelle » semble être devenue décisive pour les historiens, engendrant une dialectique entre le « local » et le « global » qui fait reprendre autrement le récit de tel phénomène ou événement, en diversifiant les sources et variant les points de vue, en faisant alterner le gros plan et le grand angle, le détail et le panorama. 

L’art et la littérature, parce qu’ils traversent plus que jamais les frontières, n’échappent évidemment pas à cette question, mais cette dialectique s’y présente autrement. Chaque œuvre s’élabore à partir d’un lieu particulier, et en littérature d’une langue particulière, et très souvent à partir d’une expérience de passage ou de déplacement – exil, migration, bilinguisme… – qui, pour beaucoup, modifie les manières d’habiter et d’appartenir. Les débats critiques relatifs à l’idée ancienne de « littérature mondiale » (Goethe) et de « philologie mondiale » (E. Auerbach), reformulée dans la « world literature » ou la « littérature-monde », interrogent forcément la relation du « local » au « mondial » à travers les œuvres. Or celles-ci sont autant de points de rencontre ou de conflits entre des mondes multiples et partagés. C’est à travers ce pluriel et ce partage qu’une œuvre gagne sa teneur politique propre, qui lui fait formuler une certaine protestation contre l’abstraction et l’universel – ou aujourd’hui la « globalisation » comme gouvernance mondiale et brutale uniformisation socio-économique des vies. 

On se posera à partir de là plusieurs questions : 

- Existe-t-il un « monde » plutôt que des mondes irréductibles ? Que doit-il à la littérature et à l’art, à la différence des langues, à la particularité des histoires, à l’unicité des œuvres ? 

- Qu’en est-il de la relation du local au mondial lorsqu’il faut penser les rapports entre art ou littérature et histoire, et leur caractère politique ? 

- Lorsque « l’Histoire » devient une force d’aliénation ou d’écrasement dont il faut se sauver ou s’affranchir, quand par elle un lieu de vie se mue en lieu de mort ou d’enfermement, de quel secours devient l’idée de « monde » ? Une telle expérience infléchit-elle la politique du particulier propre à l’art ? 

- Lorsque la violence politique ou économique produit une rupture anthropologique, qu’en est-il des mondes et du monde, qu’en est-il des vies et de la vie ? L’art ou la littérature a-t-il la mission et le pouvoir de refaire exister un monde, de redonner valeur aux vies ? Quelle relation s’élabore entre les réflexions contemporaines sur le monde et celles sur la vie ? Comment se croisent ici la philosophie politique et l’art, la poétique, l’esthétique, la philologie ? 

- S’il existe un « monde » particulier par ou pour la littérature ou l’art, quel sens politique peut-il avoir aujourd’hui? Celui qui proteste contre l’universel de la « globalisation », de qui peut-il se faire entendre et comprendre ? 

- Quel sens a aujourd’hui la phrase de Hannah Arendt : "Les seuls à croire au monde sont les artistes. La persistance de l’œuvre d'art reflète le caractère persistant du monde..." ?


Responsables : Catherine Coquio, Professeur de littérature comparée, coresponsable de l’axe « Écrire et penser avec l’histoire » avec Claude Millet au CERILAC – catherinecoquio@gmail.com – Inès Cazalas, MCF en littérature comparée – inescazalas@hotmail.com – Frédérique Berthet, MCF en études cinématographiques – berthet.frederique@wanadoo.fr


Collaborations : Marik Froidefond (MCF en littérature comparée à Paris 7), Lucie Campos (Vie des idées), Claude Mouchard (Po&sie). Ce séminaire est organisé dans le cadre du CERILAC (axe « Écrire et penser avec l'histoire ») et avec le soutien du CERC de Paris 3 (« Discomplit »1).


Partenariats pédagogiques : les étudiants de lettres de l'atelier « Valorisation scientifique » animé par Jean-François Guennoc ; les étudiants de cinéma du partenariat « Cinéma de midi » (BnF) conçu par Frédérique Berthet.


Lieu : 

Université Paris Diderot- Paris 7

Grands Moulins, 6ème étage salle Pierre Albouy

5 rue Thomas Mann

75013 Paris


Horaire : le mardi après midi (voir agenda ci-dessous pour précisions) 


Agenda
Publications
Projection Les années Ovahimba/Rina Sherman 
Les années Ovahimba : le 13/10/2015 de 17h30 à 19h30
De grandes inquiétudes : cycle du Cinéma de midi, BNF
Refuser de réfugier ? "Crise des réfugiés" et "condition migrante" : retour et avenir d'une question...
De grandes inquiétudes : 15/12/2015,  BNF
Islamisme et islamophobie en France. Séance annulée et reportée au 9 janvier
Histoire, fiction, témoignage aux XVIIe et XVIIIe siècles
Culture de la mémoire et crise de la vérité. Autour de Littérature en suspens et Le Mal de vérité ou...
Algérie : de la construction du territoire aux scénographies mémorielles : le ban et le procès.
L’horizon ou le lieu du partage 
CinéDiderot : Les chants de Mandrin (2011), de Rabah Ameur Zaïmeche
L'art, la vie, la ville
Esprit critique et transmission aujourd'hui


Directrice :

Jacqueline Nacache 

jacqueline.nacache@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 773 C

Tél : 01 57 27 54 65


Assistante :


Claude Zelawski

cerilac4410@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 777 C

Tél : 01 57 27 64 40


Site web :


Jean-François Jadaud

jadaud@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 772 C

Tél : 01 57 27 63 44