Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Fantasme du cinéma américain en France pendant les années 1920. 10 avril 2018

Co organisation : 

Charlotte Servel, doctorante CERILAC/Paris Diderot

Mélissa Gignac, docteure Cerilac, MCF à Lille 3/CEAC


Une journée d'étude internationale consacrée au « Fantasme du cinéma américain en France » aura lieu le 10 avril 2018 à l’Université de Lille SHS. Appel à communications clos. 

Cette journée d'étude vise à questionner le rôle et la part de l'imagination dans la perception du cinéma américain principalement au moment de sa découverte en France. Il s’agit d’interroger la construction et l’évolution d'un imaginaire, aussi bien individuel que collectif, à partir de textes divers, qu’ils soient critiques ou poétiques, documentaires ou fictionnels, professionnels ou amateurs.

Dès le début de la première guerre mondiale, la découverte du cinéma américain fut pour beaucoup de spectateurs français « la révélation du cinéma tout court », comme le rappelle Jean Epstein. Nombre d’«amis du cinéma», anonymes ou connus, tels Germaine Dulac, Philippe Soupault, Émile Vuillermoz, et bien d’autres, participèrent à travers leurs textes à la constitution d'un imaginaire foisonnant. 

Le cinéma américain a en effet provoqué chez le public français des réactions exacerbées allant du rejet total à l’admiration sans limite, les États-Unis apparaissant alors soit comme un pays décadent peuplé d’«analphabètes» soit comme une nation jeune, dynamique et moderne, à même d’accueillir et de perfectionner la nouvelle technique du cinématographe. Ces représentations fantasmées du cinéma américain étaient par ailleurs l’occasion pour leurs auteurs de défendre un certain cinéma français ou au contraire de condamner la pauvreté du cinéma en France, incapable de se libérer de sa culture séculaire attachée au système ancien des Beaux-Arts. 

Par ailleurs, la forte présence des films américains sur les écrans français dans les années 1920 a favorisé l’émergence d’une multitude de discours qui ont contribué à l’apparition d’un métalangage et donc à l’élaboration d’un système de représentation, tout en suscitant une émulation théorique. Ces textes variés portent aujourd’hui la mémoire du cinéma américain davantage que son histoire : le cinéma est resté en dehors de cette discipline pendant longtemps et le souvenir des films américains a longtemps été plus prégnant que les films eux-mêmes, étant donné les conditions de distribution et d’exploitation de l’époque.

Cette journée s'intéressera aussi bien au cinématographique qu'au filmique, à l'histoire comme à l'esthétique, en envisageant différents axes d'étude :

la part de l'imagination dans la construction historique comme dans l'interprétation des images 

(Un processus créatif peut-il donner corps à une analyse par le biais d'un récit ? Quelles conséquences pour les procédures historiographiques aussi bien que pour les méthodes d'interprétation en esthétique ?)

la construction et l’histoire d'un imaginaire 

(Quels éléments du cinéma américain les spectateurs français retiennent-ils ? S’agit-il de techniques, de films spécifiques, de noms de stars, etc. ? Comment leurs représentations évoluent-elles ? Certaines notions sont-elles abandonnées au profit de nouvelles émergentes ?) 

le rôle de l’imagination 

(Comment certaines fictions prolongent-elles certaines intuitions théoriques ? Comment la théorie réinvestit-elle la fiction dans les œuvres de certains critiques et théoriciens devenus réalisateurs ?)

la comparaison entre une histoire, une théorie ou une esthétique fantasmée venue d’historiens amateurs et de cinéphiles passionnés et les sources et méthodes actuelles

(Quel imaginaire spécifique charrient des concepts tels que la « photogénie », le « burlesque » ou des termes comme le producer, le sex-apeal, les girls, etc. ?)

Plusieurs chercheurs en études cinématographiques, en histoire et en littérature participeront à ce projet :

- Jessie Martin, maître de conférence à l’université de Lille, interrogera l'imaginaire du cinéma américain à travers les discours critiques sur la couleur des fictions américaines.

- Laurent Le Forestier, professeur à l’université de Lausanne, analysera pour sa part les textes d'un critique oublié de nos jours, Raymond Berner.

- Karine Abadie, professeure adjointe à l’Université Mémorial de Terre-Neuve, s'intéressera à la notion de « cinéologie ». 

- Mélissa Gignac, maître de conférence à l’université de Lille, abordera l'œuvre filmique de Louis Delluc (Le Chemin d'Ernoa, L'Inondation) au regard de ses textes critiques sur la Triangle et sur Thomas H. Ince.

- Myriam Juan, maître de conférence à l’université Caen Normandie, s'intéressera à la réception des stars américaines en France.

- Marion Polirsztok, post-doctorante à l’université Paris 8, interviendra sur Mary Pickford.

- Charlotte Servel, doctorante à l’université Paris 7, interviendra pour l'introduction et l'organisation de la journée d'étude.


Outre ces participants, trois chercheurs lillois interviendront en tant que modérateurs : Edouard Arnoldy (PR), Laurent Guido (PR) et Joséphine Jibokji (MCF).



Les textes issus de cette journée d'études seront publiés dans la revue DEméter abritée par le Centre d'Etudes des Arts contemporains (C.E.A.C.).



Publications


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