Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires en Lettres Arts Cinéma
Littérature-cinéma. Séminaire mensuel (Année 2016-2017)
Séminaire organisé par Jacqueline Nacache (Université Paris Diderot/CERILAC) et Régis Salado (Université Paris Diderot/CERILAC)

Lieu :
Université Paris Diderot-Paris7
Grands Moulins, 6ème étage, 
5 rue Thomas Mann
75205 Paris cedex 13

Accès :

Métro ligne 14 RER C (Bibliothèque François-Mitterrand)

Tramway T3a (Avenue de France)

Bus 62, 64, 89, 132, 325

Lundi 20 mars 2017 de 18h à 20h, 6ème étage, en SALLE PIERRE ALBOUY
Anne-Gaëlle Saliot, Duke University 
« Jean-Luc Godard et Maurice Pialat lisant Musset : rêves et restes d'une théâtralité romantique. »



Dans Une femme est une femme, « comédie musicale néo-réaliste » selon les termes mêmes de Godard, Anna Karina, qui vient de se disputer avec son amant Jean-Claude Brialy, déclame les vers de On ne Badine pas avec l’amour de Musset. Elle répète le passage admonestant l’héroïne à rejoindre le couvent et rejetant les hommes pour leurs faiblesses. Après avoir fermé le livre, elle continue la récitation par cœur. L’œuvre de Godard elle-même continuera à essaimer les allusions à la pièce, dans Le Mépris, Le Gai Savoir et Nouvelle Vague, entre autres. À nos amours de Pialat s’ouvre sur la répétition de la même pièce, puis sur un fragment de sa représentation. La lecture de On ne badine pas avec l’amour par Sandrine Bonnaire semble indiquer en abyme le travail avec une comédienne débutante, le film se donnant comme un document de son tournage et une réécriture de la trame tragique de la pièce de Musset. Le mal de vivre de Suzanne est une transposition du mal du siècle romantique. Forever Mozart, qui suit plusieurs décennies plus tard la première référence à Musset dans l’œuvre godardienne, a pour sous-titre « On ne badine pas avec l’amour à Sarajevo » : le film raconte en partie les pérégrinations de jeunes gens partis pour représenter cette pièce à Sarajevo en pleine guerre de Yougoslavie. For ever Mozart cite Musset d'une façon tellement excessive que les dialogues semblent s’évider de leur sens et perdre toute valeur performative. Les frontières entre le théâtre de l’amour et celui de la guerre sont emphatiquement rendues poreuses. Cette porosité est annoncée dès le début du film, lorsque les personnages décident d’adopter les noms des personnages fictifs qu’ils sont censés interpréter. Il n’y a sans doute rien de hasardeux à ce que les références à Musset, le dramaturge romantique et auteur de La Confession d’un enfant du siècle, parcourent avec force ces trois films attachés à un questionnement de la figure de l’actrice et de la théâtralité. Cette communication se propose d’explorer les valences de ces présences anachroniques et particulièrement leurs liens à un romantisme contrarié.

Docteur en Philosophie de l'Université d'Oxford, Anne-Gaëlle Saliot est Assistant Professor à l'Université de Duke aux Etats-Unis. Elle y enseigne la littérature, le cinéma et l'esthétique dans le Département d'Etudes Romanes. Elle est l’auteur d'un ouvrage sur la fameuse Inconnue de la Seine intitulée The Drowned Muse (Oxford University Press, 2015) et prépare actuellement un ouvrage consacré au cinéma de la Nouvelle Vague et à sa relation au dix-neuvième siècle. Elle a publié des articles sur Maurice Blanchot (Cahiers de l'Herne), Jacques Rivette, François Truffaut et Alain Resnais, ainsi que sur la littérature contemporaine et la danse. 



Directrice :

Jacqueline Nacache 

jacqueline.nacache@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 773 C

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Assistante :


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cerilac4410@univ-paris-diderot.fr

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Tél : 01 57 27 64 40


Site web :


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jadaud@univ-paris-diderot.fr

Grands Moulins, 7ème étage, bureau 772 C

Tél : 01 57 27 63 44